Les Dingueries 

Chapitre "Les Dingueries"


Le bijou est trop.


Trop excessif, trop exubérant, trop ostentatoire.


Superflu, accessoire, le bijou est soi-disant trop ou pas assez sérieux,  soi-disant trop ou pas assez précieux, clinquant,  luxueux, cher, artificiel, trop féminin. Le bijou est trop sentimental, trop accessoire, trop excessif, trop discret, trop personnel. 

trop jetable, trop cheap, trop chic, trop outrancier, trop séducteur, trop simple, trop complexe ? 

Le bijou, un peu et rien de tout cela à la fois ? 

Qu'est ce qu'un objet de parure ? 

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Ce chapitre propose une réflexion sur le geste de se parer dans des cadres précis, qui lui sont indissociables : ceux de  l'événementiel et du rituel. J’ai mené mes recherches autour de trois axes simples : Comment se part-on ? Pour quelles raisons ? Quels en sont les effets produits ? L’apparat ou la parure, à mi chemin entre être et paraître, se définit comme un étalage ou un déploiement de faste, avec un aspect ostentatoire, somptueux, exubérant. L’apparat est affectant. Il ne laisse pas indifférent. Le geste de se parer est également, tout comme les rites, un moyen de gestion et de régulation des émotions, notamment de l’émerveillement des êtres humains face à leur environnement. L’esthétisme d’une plume ou d’un coquillage sont-ils ce qui a poussé l’humain à se les approprier ? Pour ce chapitre, j’ai centré ma recherche autour des notions contraires de minimalisme et de surenchère. Une parure est tout d’abord faite de volumes, couleurs, matières, textures. Elle est un phénomène visuel. J’ai donc axé mes recherches autour de ces trois notions : volume – couleur - matières.


Cette piste de recherche traite de la manière dont le geste de se parer participe au rapport aux autres et aux émotions. La parure permet de rendre inédits des instants de vie pourtant banales. Le geste de se parer est une manière d’acter, d’officialiser un événement, un statut via le corps. La mise en évidence, via le fastueux et l'ostentatoire, est une manière de marquer les esprits. Le rituel en tant que mise en scène d’une étape de vie, nécessite une préparation, un conditionnement pour se faire. Se parer pour un événement inédit, rare ou ponctuel, cela consiste en un conditionnement du mental via les gestes que l’on fait, le soin et l’attention appliqués au corps. C’est en partie le geste de se parer qui nous fait prendre conscience de l’importance sociale et émotionnelle que revêt l’instant que l’on est en train de vivre. Cela nécessite une symbolique. En quoi est-ce une manière d’acter ? Le geste de se parer a pour but une mise en valeur du porteur qui tend à le sacraliser.


Dans ce chapitre j’utilise l’exagération, l'humour et l’hypertrophie afin de souligner ces caractéristiques. Les pièces maîtresses, volumineuses, rendent difficile de trop approcher leur porteur, ce qui le sacralise, à l’instar des parures de cérémonies traditionnelles. Ces pièces, par le choix de leurs ornementations et compositions exubérantes sont aussi dans l’intention d’amener les notions de festivité, de folie. Pour illustrer mon propos, j’ai travaillé autour du thème le plus employé en bijouterie depuis toujours : le mimétisme de la nature, reproduisant un processus de calquage : réemployer, revisiter et inventer ce qui a déjà été fait. Le choix de faire intervenir la flore stylisée ne se limite pas à l’expression de l’ambivalence entre naturel et artificiel. Dans toutes les cultures et à maintes époques, l’humanité utilise largement les végétaux, notamment les fleurs, à des fins ornementales et rituelles, symboliques, et rituelles.